La Conférence Internationale sur les Minières à Antigua Guatemala se conclut par la Déclaration de Antigua, dans laquelle la société civile internationale avertit pour les conséquences énormes de l'explotation minière industrielle. En outre, elle propose 5 défis pour affronter la problématique minière. Nous appelons à tout le monde de signer la Déclaration.
Signer la Déclaration en ligne: http://conferenciamineria.wordpress.com
CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LES MINIÈRES
DÉCLARATION D’ANTIGUA GUATEMALA – 05/08/09
Nous, les différentes institutions, organisations sociales de base et leaders sociaux du Guatemala, Pérou, Bolivie, Honduras, Belgique, États-Unis, Espagne, Mexique, Équateur, Chili, Hollande, Italie, Canada, Suède, Salvador, Argentine et France, participants à la CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LES MINIÈRES, dans le cadre du Séminaire international EL DORADO II, nous nous sommes réunis du 3 au 5 août à La Antigua Guatemala, pour échanger expériences et connaissances, sur la problématique minière en Amérique latine.
La nouvelle phase d’exploitation des ressources naturelles et des matières premières en général, obéit à la crise mondiale provoquée par la logique d’accumulation capitaliste, qui encourage la surconsommation et une demande de plus en plus croissante des produits énergétiques non renouvelables, qui sont en train de s’épuiser. En conséquence, les pays nommés à tort « en développement », continuent de jouer le rôle de fournisseurs des ressources naturelles stratégiques, comme le pétrole, les minéraux, les agro-carburants, l’huile industrielle, l’eau, entre autres.
Les entreprises qui opèrent dans nos pays ne paient pas d’impôts en accord avec les énormes gains qu’ils obtiennent sur le marché international. Parmi les cas exposés à cette conférence, on a constaté l’augmentation du taux de pauvreté et de l’exclusion, puisque que les minières sont en concurrence directe avec les activités économiques des communautés affectées, surtout l’agriculture car leur action centrale se fait au détriment de la souveraineté alimentaire. C’est pourquoi les minières de métaux ne contribuent pas au trésor public des pays et aux économies des communautés.
Les gouvernements ne jouent pas leur rôle fondamental qui est de garantir les droits humains et de promouvoir le développement intégral des personnes et finalement, de réglementer l’entreprise privée ; dans la pratique, ils ne sanctionnent pas, ne mettent pas en application ni ne font respecter la réglementation environnementale. Dans plusieurs cas, les instances de réglementation environnementale sont en faveur des entreprises extractives. À cause de cela, les industries minières causent des dommages à la santé des travailleurs et des peuples en toute impunité. De plus, elles endommagent la biodiversité par les taux élevés de contamination, à utiliser et à produire des éléments chimiques hautement toxiques comme: le cyanure, l’arsenic, le mercure, le plomb, entre autres.
L’industrie minière altère les processus écologiques fondamentaux, comme le cycle de l’eau : usage excessif de cette ressource, disparition des sources, contamine et réduit la couche phréatique par la présence de métaux lourds et des substances dangereuses. Les conséquences sociales, culturelles, environnementales et économiques que subissent les communautés affectées par les activités minières, nuisent à leurs conditions de vie, sont irréversibles et condamnent l’avenir des nouvelles générations.
Le système économique capitaliste et néolibéral se caractérise par le dépouillement, le saccage et l’irrespect des territoires des peuples et des communautés paysannes et indigènes. Les États et les entreprises qui suivent ce modèle, discréditent la consultation préalable, stipulée par les instruments juridiques nationaux et internationaux, comme la Convention 169 de l’OIT (Organisation internationale du travail) et la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, en renversant leurs droits sociaux, économiques et culturels.
Les gouvernements continuent d’utiliser des mécanismes de répression et de violation du droit à la libre organisation et manifestation, pour criminaliser les demandes des peuples. Les entreprises minières encouragent la corruption des dirigeants et des autorités, selon des méthodes de chantage, de division, de désarticulation sociale et de confrontation entre les citoyens eux-mêmes. Une pratique commune est la formation d’organisations parallèles pour affaiblir et délégitimer les mouvements sociaux avec l’approbation des gouvernements respectifs.
Alliés aux gouvernements locaux, nationaux et aux groupes détenant le pouvoir économique, les entreprises répriment, diffament, poursuivent, jugent et emprisonnent les dirigeantes et les dirigeants, ou toute personne qui n’est pas d’accord avec leurs intérêts.
Nous nous sommes rencontrés dans la ville de La Antigua Guatemala pour dénoncer ces pratiques nocives et injustes, mais surtout inutiles. Les minières servent les intérêts d’un nombre restreint d’entreprises transnationales économiquement puissantes et de petits groupes nationaux, et ne profitent pas aux communautés ni aux États nationaux. C’est pour cela que nous rejetons ces pratiques irresponsables, tant de la part des entreprises minières que des gouvernements complices de la destruction et du piétinement des droits humains des communautés affectées par les minières.
Nous, les personnes participantes à la Conférence internationale sur les minières, sommes solidaires des peuples qui sont en lutte permanente et qui ont réalisé de bonne foi, demultiples consultations rejetant l’activité minière. Les communautés et les peuples, depuis leur organisation territoriale ont généré luttes et propositions pour trouver une nouvelle façon de vivre.
Nous nous déclarons en alerte maximale, décidés et décidées à réaliser tous les efforts nécessaires pour appuyer les processus qui rétablissent les droits des communautés et qui aident à conserver la nature, obtenant de cette manière un équilibre dans le développement de nos pays. Nous prétendons démontrer une fois de plus, le non-développement durable environnemental, social et moral du modèle capitaliste extractiviste ; nous réclamons son remplacement par des modèles qui mettent l’être humain et toutes les formes de vie au centre du développement et qui rendent et rétablissent le respect de la nature au sein des pratiques quotidiennes de la société.
Nous exigeons que les responsables politiques réalisent un changement urgent de leurs politiques et de ce modèle de développement. Nous demandons qu’ils favorisent le rétablissement et l’exercice des droits des communautés ; qu’ils garantissent le processus de réorientation des bases économiques du développement de nos peuples et qu’ils se mettent au service d’un modèle de justice sociale et environnementale.
Nous encourageons les peuples à ce que nous soyons tous ensemble les acteurs qui construisions une nouvelle relation entre les êtres humains et la nature ; que nous donnions forme à une coexistence fraternelle, juste, équitable et durable qui permette le bien-être de tous et toutes dans la paix, comme faisant partie de la nature, où le SumajKausay ou le Bien-Vivre, soit l’orientation pour la reconstruction des États et du développement futur.
DÉFIS POUR LA SOCIÉTÉ CIVILE
POUR AFFRONTER LA PROBLÉMATIQUE MINIÈRE, NOUS CONSIDÉRONS PRIMODIAUX 5 DÉFIS:
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Comprendre et mettre en évidence le nouveau cycle d’accumulation du capital qui se concrétise par l’industrie extractive dans nos pays : la minière en particulier.
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La construction d’un contre-pouvoir à partir de l’autodétermination des peuples et de l’expérience des peuples autochtones, qui à travers les consultations communautaires font valoir leur autodétermination sur leur territoire.
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La défense du territoire et du milieu environnemental (les ressources naturelles, l’histoire, l’identité) comme un processus concret pour reconstruire l’État, plus loin du discours de « l’État de droit convenant au capital » et comme un exercice politiquepour approfondirune autre vérité, une autre histoire et d’autres formes de développement.
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L’organisation sociale permanente à partir de la vision de mouvements sociaux divers et non simplement de la société civile, c’est-à-dire à partir des luttes des peuples indigènes, des communautés non-indigènes et des acteurs sociaux du milieu international.
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La coopération et la société civile internationale doivent se joindre aux demandes des peuples, pour contribuer à l’organisation des mouvements nationaux et internationaux et fortifier le pouvoir de ces peuples en contre-proposition au pouvoir hégémonique imposé.
La Antigua Guatemala, 5 août 2009
Signée par
FLACSO Guatemala, Area de Movimientos Sociales
Amigos del Lago Izabal – ASALI - Guatemala
Rights Action - Guatemala
Comité Académico Técnico de Asesoramiento Ambiental – CATAPA - Bélgica
Comisión Pastoral Paz y Ecología – COPAE - Guatemala
CEIBA - Guatemala
Asociación Civil El Observador- Guatemala
Plataforma Holandesa - Guatemala
Asamblea Departamental en Defensa de los Recursos Naturales de Huehuetenango - Guatemala
Observatorio de Conflictos Mineros – OCMAL - Ecuador
Comunidad Estudiantil NO´J - Guatemala
Vicaría del Medio Ambiente – VIMA – Perú
Coordinadora en Defensa de La Cuenca Rio Desaguadero, Uru Uru y Poopó - CORIDUP – Bolivia
Centro Ecología y Pueblos Andinos - Bolivia
Consejo de los Pueblos del Occidente – Guatemala
Consejo de los Pueblos de Huehuetenango – Guatemala
Consejo de los Pueblos Kiche – Guatemala
Consejo de los Pueblos San Marcos - Guatemala
Movimiento de Trabajadores Campesinos – MTC – Guatemala
Plataforma Agraria – Guatemala
Pastoral de la Tierra Livingston Izabal – Guatemala
Asociación de Organizaciones no Gubernamentales – ASONOG – Honduras
Alianza Cívica por la Democrácia - Honduras
CORDAID – Holanda
Colectif Guatemala - Francia/Guatemala
Comisión de Justicia y Paz Familia Franciscana- Guatemala
Network in Solidarity with Guatemala NISGUA - Guatemala
Center for International Environmental Law – CIEL – EE.UU.
Solidaridad Suecia-América Latina
Asociación de Mujeres Xinkas de Santa María Xalapán Jalapa -Amismaxaj – Guatemala
Acción Comunitaria Xinka Xalapán
ASECSA
Parroquia de San Miguel Ixtahuacán San Marcos - Guatemala
Red Mesoamericana Contra la Minería
Iglesia Luterana ILUGUA - Guatemala
Asociacion para la defenza de la montaña Las Granadillas - Guatemala
Comunidades afectadas y amenazadas por la mineria en el municipio de El Estor y Polochic - Guatemala
Ajchmol San Marcos – Guatemala
Solidaridad - Holanda
Movimiento Ambientalista de Campamento – Honduras
TROCAIRE – Guatemala
AVANCSO – Guatemala
Movimiento Popular Guevarista – Guatemala
Central Única Nacional de Rondas Campesinas – CUNARP – Perú
Asociación de Municipios Oruro – AMDEOR – Bolivia
Colectivo Punto Verde
Red de Comunidades Afectadas por la Minería – Honduras
Red Magesterial Popular México
Coordinacón de Organizaciones de los Pueblos Mayas en Lucha por su Liberación – COCPUMAL – México
MILPA – Chile
URV Solidaridad – Chile